Essai Triumph Bonneville T100

La "Bonnie" est sans aucun doute la plus réussie des motos classiques disponibles dans la gamme des grands constructeurs. Il faut dire qu'elle a un sacré pédigrée avec record de vitesse et titre de championne du monde à foison entre la fin des années 50 et le début des seventies. Je vous laisse apprécier l'histoire de la Triumph Bonneville sur sa page wikipedia. Pour ma part, j'ai eu l'occasion d'essayer le millésime 2015 sur plusieurs jours grâce à la concession Sideways à St-Avertin que je remercie.

Quand on fait le tour de la bête, ou plutôt de la belle, on apprécie le chrome des carters moteur et des pots d'échappement au look de l'époque. D'époque aussi, le trousseau de clé fourni avec la moto: une clé pour le contact à gauche du phare, une clé pour le neiman sur la colonne de direction à droite et une clé pour le bouchon de réservoir, ouff! L'héritage est parfois lourd à porter. Mais le détail qui tue, c'est l'injection cachée derrière de faux carburateurs, un tour de magie sacrément bien réussi de la part des designers Triumph qui ont poussé le vice jusqu'à laisser un starter. Tout ça pour dire que "Bonnie" ne passe pas inaperçue; j'ai pu le confirmer à une terrasse de café où l'anglaise attire autant les regards qu'une hyper sport dernier cri. Son look est définitivement encré dans les gènes du motard.

carburateurs? non, injection!
carburateurs? non, injection!

Côté ergonomie, une fois en selle, on tombe sur les commandes naturellement, hormis les leviers d'embrayage et de frein trop écartés du guidon. Fort heureusement, les 2 sont réglables en écartement, un atout qui, ajouté à la hauteur de selle de 775mm, rend cette moto adaptée à tous les gabarits. De mon côté, avec mes 187 cm, j'ai trouvé ma place sans problème, y compris au niveau des jambes pliées d'une manière tout à fait raisonnable. Les compteurs sont lisibles sans problème et, touche moderne, le totalisateur a gagné un affichage digital (à rouleau sur les millésimes précédents). Pour le passager, un bel arceau de maintien est à sa disposition, en plus d'une selle large et accueillante même si un peu dure. 

Contact mis, il faut débrayer avant d'appuyer sur le démarreur. Les 865cc du bicylindre en ligne s'ébrouent en toute discrétion. La moto n'affichant que 24 km au compteur, j'ai eu comme consigne de ne pas dépasser les 4000 tr/min. Lors des premiers tours de roue, j'ai trouvé le guidon un peu haut, mais c'est plus une histoire de goût personnel qu'un défaut de la machine. Beaucoup apprécieront cette position à laquelle je me suis adapté sans problème au fil de ma première journée de roulage. Emprunter les petites routes au guidon de la Bonneville n'est que pur bonheur même si on trouve rapidement les suspensions trop fermes. La maniabilité fait parti de ses points forts, tout comme l'absence de vibration jusqu'à 4000 tr/min; au delà, je ne sais pas!

Pour le freinage, le simple disque avant remplit son rôle correctement avec un mordant suffisant pour un freinage efficace. L'arrière possède aussi un bon mordant, peut-être un peu trop. Attention à bien doser l'effort sur la pédale pour éviter le blocage de roue, surtout sur route mouillée.

Triumph Bonneville T100
Avec la Triumph Bonneville, c'est retour vers le futur tous les jours !

Côté moteur, la montée en régime se fait d'une manière très linéaire et sans creux jusqu'à mi-régime. La souplesse à bas régime est remarquable, ça repart sans à-coup en 5ème à 1500 tr/min. Voilà qui évite de jouer de la boite de vitesse en traversant un village par exemple. En 5ème à 4000 tr/min, vous cruisez tranquillement à 110 km/h, enchainant les virages avec une facilité déconcertante. La mise sur l'angle se fait sans effort et la reprise en sortie de virage est bonne sans être violente. En ville, sa maniabilité et la souplesse de son moteur font merveille et ce sera avec la banane sous le casque qu'elle vous emmènera tous les matins au boulot.


Au final, la Bonneville s'affirme comme une moto très attachante qu'on aime utiliser tous les jours, pour aller au boulot comme pour la balade du dimanche sur les belles routes de nos campagnes. Maniable comme une petite cylindrée, son moteur souple et onctueux vous offre un supplément de couple que les petites n'ont pas. Et puis, son look indémodable vous sortira de la masse des basiques japonaises, d'autant qu'il est possible d'aller plus loin dans le côté "classic" en l'équipant des nombreux accessoires disponibles au catalogue Triumph. Bien-sûr, son prix est un peu plus élevé qu'une japonaise, mais on n'a rien sans rien!

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